Mines : Boké n’est pas une jungle et non une chasse gardée

Depuis les années 73, la préfecture de Boké est devenue la terre d’asile pour plusieurs investisseurs miniers et  également pour un certain nombre de guinéens qui aspirent à la bonne gouvernance dans les industries extractives. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui qualifient cette population de Kakandé de sauvage, ce malgré toutes les acceptations et accueils réservés aux premiers venus sur la terre de Boké. Il est judicieux de retenir que nonobstant toutes les déclarations fallacieuses, cette préfecture crée un climat d’acceptation et de convivialité et permet aux autres communautés de cohabiter pacifiquement avec les autochtones. A cause de la présence de plusieurs sociétés minières dans la région et dans cette préfecture, elle ouvre une chance et permet à la Guinée  d’accroitre son économie.

A l’arrivée de la Compagnie des Bauxites de Guinée  (CBG) dans la préfecture de Boké, cela avait suscité de nombreux  espoirs pour le développement et l’emploi des fils de Kakandé en particulier et celui des autres régions de la Guinée au sein de cette compagnie.  Avec  un plan social et un plan de développement local  à l’image des pays hautement développés finira par être de l’utopie. C’est suite à cela, que la CBG mettra en place ou du moins créera l’Office d’Aménagement  de Boké  (OFAB) par faire de Boké une ville moderne. C’est d’ailleurs, la mise en place de  cette structure que  la Guinée a pu se faire des millions de dollars américains en s’endettant, laquelle est destinée   exclusivement pour faire d’un rêve une réalité en  construisant une ville moderne. Malheureusement ce montant ne sera pas utilisé pour l’objet auquel il était destiné. Cette localité devait  ressembler au schéma directeur de développement immobilier de  l’Australie, mais la réalité est tout autre de nos jours. Au fil du temps, cette somme permettra à de nouveaux riches et arrivistes de se taper  des villas et de donner de meilleures vies à leurs enfants.  Et au même moment,  Boké continue de subir les conséquences de l’exploitation bauxitique.

Quelques années plus tard,  l’OFAB fut remplacé par l’Agence Nationale d’Aménagement des Infrastructures Minières (ANAIM). Cette nouvelle structure permettra à certains cadres du ministère des mines et à certains membres du gouvernement de Lansana Conté de devenir des millionnaires en dollars américain par le biais de détournements, de corruption et de gabegie financière. C’est suite d’ailleurs à cet acte ignoble et criminel que plusieurs arrestations et incarcérations furent constatées. Quelques temps après, on a assisté à la libération de ces bandits à col blanc. Comme le dirait l’autre au lieu de condamner ces criminels  sévèrement, on leur a accordé des privilèges et ils ont continué à bouffer ces millions de dollar américain volés.  Et pire, certains de ces bandits à col blanc ont occupé des hauts postes de responsabilité sous Lansana conté, sous Capitaine Dadis Camara et aujourd’hui  sous le régime du professeur Alpha Condé.

Après 44 ans d’extraction extractive, Kakandé reste toujours à l’état primitif par le biais des cadres véreux, irresponsables et malhonnêtes qui ne cherchent qu’à devenir de nouveaux riches.

Force est de reconnaître que la venue des sociétés juniors dans la région de Boké est une aubaine pour l’ensemble des parties prenantes du processus de développement des projets miniers, en ce sens qu’elles permettent à l’Etat d’engranger  des millions de dollars à chaque fin de mois et elles poussent aussi les multinationales à faire du sérieux sur le terrain à travers de la concurrence qu’elles leurs font.

En tout cas, ces sociétés juniors permettent aujourd’hui aux communautés riveraines de rentrer en possession de leurs taxes.

Il faut souligner par contre que les vrais problèmes n’ont jamais trouvés les solutions et c’est ce qui serait aujourd’hui à la base de plusieurs remous sociaux dans la partie nord-ouest de la Guinée.

Aux dirigeants et communautés de savoir que les sociétés minières qui sont implantées ne sont  nullement responsables de ce qui arrive aux différentes collectivités abritant les sociétés minières, puisqu’elles s’acquittent normalement des différentes taxes imposées par l’Etat.

A l’Etat de faire des concessions en faisant des ristournes sur les taxes issues de l’exploitation minière et voir même prendre 1% des montants payés par les compagnies minières afin de permettre de construire des infrastructures routières, immobilières, sanitaires et des centres de loisirs pour les communautés. Il faut noter, que ces montants devraient être logés et gérés par une entité qui recevra un ensemble de projets pour les valoriser afin d’éviter des détournements de fonds.

A bon entendeur salut !!

 

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