Mines-Communautés: comment favoriser la cohabitation pacifique entre les sociétés minières et les communautés riveraines.

  • Ibrahima Ndeye
  • avril 12, 2018
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Opinion : Autant nous insistons que les communautés riveraines soient protégées par l’Etat et les sociétés minières, autant nous devrions insister que les populations soient redevables aux investisseurs ! déclare Abdoulaye Keita journaliste des questions minières à Espace Kakandé.

La cohabitation pourrait être plus responsable et avantageuse dans les localités minières pour toutes les parties prenantes lorsque dans la limite des actions, chacune s’engageait à mieux faire son devoir avant d’exiger son droit fusse-t-il le plus absolu. C’est le point de vue de ce jeune journaliste sur les situations conflictuelles en perpétuelles recommencement dans les zones où s’invitent les industries extractives. Pour Abdoulaye Keita, il est grand temps de stopper la violence devenu arme efficace dans les réclamations communautaires des zones impactées par les projets miniers, cela pour garantir en premier la sécurité des uns et des autres notamment des investisseurs ensuite offrir un mieux être plus ou moins équitable pour les autres acteurs notamment les populations. Et d’en conclure, le rôle de l’Etat doit être primordial ou le choix du chaos éternelle et la culture de la violence.

En référence aux évènements malheureux du mois d’avril 2017 et celui de septembre de la même année à Boké, l’on peut aisément se rendre compte de la faiblesse de l’Etat d’une part, de l’irresponsabilité des populations et de la naïveté des sociétés minières, certaines, d’autres part.

La faiblesse de l’Etat

On pourrait en faire un roman s’il s’agit de citer des exemples où malheureusement en Guinée, le consensus a eu à prendre le dessus des décisions de lois et dont l’application aussi a pris un point au visage. Plusieurs sont les sociétés minières qui ont eu à s’installer dans plusieurs localités sans que la moitié des populations ne sachent en moyenne le nom de la société. Comment vouloir respecter une société minière dont on peine à retenir le nom ? l’Etat devrait pouvoir exiger à chaque société une grande responsabilité du quitus sociale dont la basique étape serait de vendre son projet aux communautés. Sans vouloir en citer ici, il faut de façon ferme savoir qu’aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe des responsables décisionnels locaux qui soient ignorants aux projets et sociétés dans plusieurs localités notamment à Boké dans la région toute entière. Des exemples on en citera au besoin !

 

Les agents de l’Etat à la base sont devenus peu crédibles aux yeux des sociétés et encore plus aux yeux des communautés qu’ils sont de facto désaxés dans la prise de certaines initiatives. En ne pouvant participer à des débats d’orientation par exemple sur la gestion des fonds issus des industries minières surtout sur les compensations communautaires de certaines sociétés minières, l’Etat devient faible. Des exemples de villages existent où des montant supérieurs aux budgets de toutes les préfectures de la région de Boké ont été payés aux paysans des districts reculés sans que véritablement des actions sérieuses d’investissements vers des projets porteurs de croissances ne soient mis en place. L’Etat est responsable.

Lorsque dans une autre mesure, des sociétés minières s’assument en payant toutes les redevances et taxes, que l’Etat ne soit pas capable de planifier le développement de certaines infrastructures, comme les centres de santé, les écoles et autres, les populations tirent les conséquences et s’attaquent aux miniers. L’Etat est responsable. Par endroit, les communautés ou les sociétés réalisent des centres de santé et ou des écoles, l’Etat soit incapable d’affecter des agents de santé ou d’enseignant ! La faiblesse de l’Etat

L’irresponsabilité des populations !

En manifestant sa colère la plus légitime, l’on ne devrait utiliser la violence ! Des morts, des édifices saccagés, des biens publics et privés volés et détruits etc. La violence l’arme efficace des réclamations populaires et populistes en zones minières. Cependant, les populations auraient mieux à gagner à réclamer des avantages à tord ou à raison dans le respect des acquis. Il n’est pas rare de voir des populations réclamer du courant électrique en brulant les équipements et installations des services publiques liés à l’énergie ! Paradoxe des paradoxes ! Aisément, les citoyens parfois les plus jeunes, dans l’irresponsabilité des plus avisés, font montre d’actions préjudiciables à la loi. L’autre paradoxe est d’ignorer le rôle de l’Etat garant du bien être à celui d’une entreprise à la recherche du profil et souvent respectueuse de son engagement face à l’Etat. Savoir vivre auprès des entreprises vaut mieux que de vivre en leur sein. L’emploi n’est souvent pas une source de bienêtre.

La naïveté des entreprises !

Parfois elles agissent comme face à des populations dupes ! elles sont prompts à la réaction positive pour solutionner des problèmes que d’en prévenir ! elles font des beaux discours aux chefs locaux ou plus haut sans pouvoir partager les valeurs de l’entreprise avec les voisins proches, les riverains. Les plus naïves font des promesses d’emplois, de mieux vivres sans pouvoir expliquer les contextes et le mécanisme.

Les sociétés minières responsables sont celles qui s’assument. Elles vivent avec la communauté et partagent avec elle la vision du projet. Elles refusent d’inventer des chiffres et de promettre l’irréalisable. Les sociétés minières responsables sont celles qui savent qu’elles ne peuvent éternellement s’enrichir dans une communauté pauvre et stagnante.

La naïveté serait de vouloir à cette époque de révolutions scientifiques et technologiques se soustraire à la symbolique notion de mondialisation. La communication est une puissance de gestion et de prévention.

La naïveté serait de croire que la RSE est une rhétorique simplement.

La garantie de survie des entreprises minières est loin de vouloir vivre sans conflit, mais de respecter les engagements et engager les communautés, cela passe obligatoirement par la valeur partagée du message initial du projet, s’il en existe en plus de la simple initiative de faire du bénéfice économique sans celui social, le faire, c’est de la naïveté car relevant de l’impossible qui n’existerait pas.

Abdoulaye Keita

Abdoulaye KEITA
DIRECTEUR GENERAL ENTREPRISE DE CONSTRUCTION GUINAPRES
JOURNALISTE/ANIMATEUR RADIO ESPACE KAKANDE
TEL: 00224
625 63 18 18/ 654 03 95 95/ 620 57 69 00
email: keit.abdoul1989@gmail.com
(chaque homme écrit son histoire)