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Congo–Brazzaville : La répression à huit clos se poursuit au Pool et dans le reste du pays

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FIDH
et son organisation membre en République du Congo
Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH)


Publication dune note de situation

Congo–Brazzaville : La répression à huit clos se poursuit au Pool et dans le reste du pays

Brazzaville, Paris, 14 avril 2017Un anaprès les premiers bombardements dans lazone du Pool au sud de la capitale Brazzaville,le département considéré comme rebelledemeure fermé à tout observateur extérieur etles autorités congolaises ainsi que des groupes armés non identifiés sy livreraient àdes violations massives des droits humains :bombardement de civils, éviction forcée despopulations, arrestations arbitraires et actes de torture et traitements inhumains. La FIDHet lOCDH, qui publient ce jour une note sur lagrave détérioration de la situation des droitshumains au CongoBrazzaville, sontégalement préoccupées par la vaguedarrestations et de détentions arbitraires quia précédé et suivi lélection présidentielle demars 2016 et qui se solde par un nombrerecord de détenus politiques.

Depuis un an, près de 30 000 personnes au moins auraient été déplacées de force dans le département du Pool et plusieurs dizainesdindividus seraient morts ou portés disparusà la suite de lintervention des forces arméeset de sécurité congolaises ainsi que de mystérieux éléments armés non identifiés dans la zone. Des centaines de personnes sesont réfugiées dans les familles d’accueil et d’autres dans la brousse et vivent dans uneprécarité extrême, sans lassistance desorganisations humanitaires empêchées de serendre sur place. Du côté des détenuspolitique, près de 130 opposants seraientdétenus dans les geôles du régime, parmilesquels une trentaine de dirigeants delopposition. Les prisonniers dopinion sontdétenus dans des conditions parfoisinhumaines, avec un accès intermittent àleurs avocats et leurs familles. Le décès endétention le 17 février 2017 dans descirconstances troubles de Marcel Ntsourou,ancien pilier du régime passé danslopposition, en est une illustration parfaite.Beaucoup dautres opposants restent enattente de procès, et plusieurs dentre eux ontsubi des traitements cruels, inhumains oudégradants ou des actes de torture.

« Les ONG de défense des droits humainstirent une fois de plus la sonnette dalarme surla tragédie des populations du Pool qui sedéroule à huis clos et dans lindifférencegénérale. Cette crise orchestrée par lesautorités congolaises a pour but de punir lesopposants politiques et les populations duPool après la élection légitimementcontestée du président Denis Sassou Nguessoil y a un an » a déclaré Me Drissa Traoré, vice-président de la FIDH.

Cette grave détérioration de la situation desdroits humains au CongoBrazzaville fait suiteà lannonce du président Denis SassouNguesso, en 2015, de sa volonté de briguer untroisième mandat présidentiel de 5 ans après32 ans de pouvoir. Réélu en mars 2016 àlissue dun scrutin hautement contesté, leprésident Nguesso sest lancé dans unerépression tout azimut marquée notammentpar les bombardements dans le Pool. Aumoment de lélection, toutes lestélécommunications avaient été suspenduesdans le pays pendant quatre jours. Lopposition politique, la société civile ainsique la communauté internationale dont leCanada, les EtatsUnis et lUnion européenneavaient dénoncé les irrégularités du scrutin.

Depuis, les arrestations arbitraires, lesattaques contre les médias, et les atteintes àla liberté de réunion politique se sontmultipliées. Les forces de police sontintervenues à de nombreuses reprises pourinterrompre ou empêcher des meetings etréunions politiques de lopposition. Les cas dedétentions arbitraires, de disparitions forcées,de torture, se multiplient également et visenttant des personnalités emblématiques delopposition que de simples citoyens. OrganeNioko Ngambou a ainsi été placé en garde àvue pour une affaire de vol et de recel, battudans sa cellule et est décédé quelques joursplus tard des suites de ces blessures. FabriceOyakou, a quant à lui été arrêté pourconsommation de chanvre et est décédéquelques jours plus tard du fait des violencespolicières subies en détention.

Enfin, le projet de loi devant régir lesassociations, adopté par le Parlement fin2016, mais non encore promulgué, restreintdrastiquement les droits des organisationsnongouvernementales nationales commeinternationales. Cette loi donne toute latitudeau Ministre de lIntérieur de dissoudre uneassociation sans le contrôle dun juge, etcontient beaucoup déléments de langageflous et sujets à une interprétation pouvantporter atteinte à la liberté des organisationsde la société civile, qui nont pas étéassociées au processus délaboration duprojet de loi.

« La FIDH et lOCDH appellent à ce que soitmis un terme immédiat à la répression dans lePool. Des enquêtes indépendantes régionaleset internationales sur cette année derépression doivent également être menées.Les opposants politiques arrêtés aulendemain de lélection présidentielle de 2016 devraient également avoir droit à des procèsjustes et équitables ou être libérés, comme legarantit la loi congolaise » a déclaré Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif 

 


About the author / 

Ibrahima N'diaye

Journaliste d'investigation Mines-Environnement -Economie-Energie

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