Ils s’appuieront sur le succès de la conférence de l’ONU Changements climatiques, la COP24, qui s’est déroulée en Pologne à la fin de l’année dernière et qui a vu l’adoption du programme de travail de l’Accord de Paris.

Ce « paquet climat » a défini des lignes directrices essentielles pour rendre l’Accord de Paris sur le changement climatique opérationnel, ouvrant ainsi la voie à sa mise en œuvre et, en fin de compte, à une action climatique plus ambitieuse à travers le monde.

Dans le contexte des effets croissants des changements climatiques cette année – notamment des tempêtes mortelles en Afrique et d’une vague de chaleur en Asie – la Secrétaire exécutive de l’ONU Changements climatiques, Patricia Espinosa, a rappelé que le monde devait profiter de ces sessions à Bonn pour finaliser les points en suspens des directives de mise en œuvre de l’Accord de Paris, et travailler concrètement pour accélérer considérablement le rythme des actions climatiques.

« L’Accord de Paris et le récent rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies renforcent l’impérative nécessité de limiter la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5 °C. Mais nous ne sommes pas sur la bonne voie, loin de là. Car selon des estimations récentes, les plans d’action climat nationaux actuels sont plus de deux fois supérieurs à cet objectif. Cela aura des conséquences désastreuses pour l’humanité si nous n’intensifions pas significativement nos ambitions », a-t-elle dit.

« Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et stabiliser les températures mondiales à 1,5 °C est possible. Mais cela implique des politiques et des mesures de transformation en profondeur », a-t-elle ajouté. « Ce travail ne peut pas attendre. Nous n’avons plus de temps. Ces négociations offrent une possibilité de progresser dans une année extrêmement importante. »

La Conférence de Bonn sur les changements climatiques (SB50) accueillera une grande variété d’événements, de réunions et de séances de négociations. Celles-ci ouvriront la voie à un accroissement des ambitions en matière d’adaptation, à une accélération des efforts visant à accroître la résilience et feront en sorte que la politique climatique repose sur une base solide tenant compte des meilleures données scientifiques et connaissances disponibles.

Malgré les progrès réalisés en 2018, il reste encore quelques questions épineuses à résoudre dans les négociations sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces questions non résolues concernent les points de l’article 6 de l’Accord de Paris, un article qui vise à aider les pays à atteindre une partie de leurs objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre par le biais des « mécanismes de marché ».

Cela permettrait aux entreprises et à d’autres acteurs de participer à des actions visant à réduire les émissions au niveau mondial tout en contribuant au développement durable et à l’élimination de la pauvreté.

« J’exhorte les gouvernements à saisir cette occasion pour trouver des solutions, permettant ainsi d’obtenir des règles solides pour que les marchés du carbone prennent enfin forme », a également déclaré Mme Espinosa.

« Et j’exhorte les nations à progresser rapidement dans tous les autres domaines qui sont fondamentaux pour renforcer les ambitions, notamment dans les secteurs de la technologie, de la finance et du renforcement des capacités. »

La conférence de l’ONU Changements climatiques à Bonn fait partie d’une série de réunions organisées cette année pour faire progresser l’action climatique au niveau international et œuvrer au programme de l’Agenda 2030.

Cette série inclut notamment la réunion consacrée à l’examen de l’Objectif de développement durable ODD13 en juillet, les semaines régionales du climat de l’Amérique latine et des Caraïbes et de l’Asie-Pacifique respectivement en août et en septembre, le Sommet de l’action climatique convoqué par le Secrétaire général de l’ONU le 23 septembre et la Conférence de l’ONU Changements climatiques, la COP25, au Chili en décembre.

« Les gouvernements peuvent se réjouir du fait que les gouvernements régionaux, les entreprises privées, les investisseurs et de simples citoyens du monde entier se mobilisent de plus en plus en faveur d’une action climatique ambitieuse. Les gens, en particulier les jeunes, exigent à juste titre des résultats auxquels nous – et cela inclut les gouvernements, les entreprises, les investisseurs et tous les autres – devons aboutir. »

Autres points forts

  • Les gouvernements vont examiner les moyens d’améliorer les mécanismes de renforcement des capacités pour les pays en développement.
  • Une réunion d’experts techniques sur l’adaptation portera essentiellement sur le financement de l’adaptation et réunira les principales autorités en matière d’adaptation et de financement pour échanger idées et études de cas novatrices.
  • Le SB50 verra la réunion inaugurale du Groupe de travail de facilitation de la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones.
  • Les gouvernements se pencheront sur le prochain projet de budget semestriel pour une nouvelle période du secrétariat chargé d’appuyer le processus de la CCNUCC.
  • Des discussions auront lieu pour permettre aux pays et aux autres parties prenantes d’intensifier et de présenter leur action climatique, et de faire progresser un certain nombre d’aspects techniques des dispositions en matière de transparence prévues par l’Accord de Paris.
  • Le « Comité d’experts de Katowice sur les incidences de l’application des mesures d’intervention » (Katowice Committee of Experts on the Impacts of the Implementation of Response Measures ou KCI) tiendra sa première réunion les 13-14 juin 2019.
  • Les pays feront évaluer par leurs pairs les progrès accomplisdans la réalisation de leurs engagements pour 2020 en matière d’atténuation et de réduction des émissions, et offriront un espace pour présenter des histoires de réussites et les défis que les pays auront à relever en matière d’action et d’ambition climatiques, et apprendre ainsi les uns des autres [lien à un article].
  • Dans le cadre du « Travail conjoint de Koronivia sur l’agriculture », les gouvernements se pencheront sur l’agriculture en tant que pilier de l’existence humaine et sur sa vulnérabilité aux effets du changement climatique.
  • Des experts examineront de quelle manière des solutions énergétiques décentralisées et hors réseau peuvent être déployées pour une utilisation intelligente de l’énergie et de l’eau dans la « filière agro-alimentaire« .
  • Plusieurs événements liés à la parité homme-femme sont prévus pour stimuler une politique climatique sensible à cette thématique et pour faire avancer le Plan d’action pour l’égalité entre les femmes et les hommes de 2017.
  • Des réunions dans le cadre de l’Action pour l’autonomisation climatique (ACE) auront lieu pour renforcer l’éducation, la sensibilisation et l’information du public dans le cadre de cet accord.

Pour d’autres temps forts, ou les nombreuses manifestations parallèles officielles, veuillez consulter le programme du jour.

Proposé par Ibrahima NDiaye