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Photo ONU-Habitat/A. Padró
Logements sociaux à Medellín, deuxième ville de Colombie
21 juillet 2019

C’est l’été dans l’hémisphère nord. Avec l’augmentation des températures en Europe, en Inde, en Égypte et dans de nombreux autres pays, la première réaction des gens a été d’allumer la climatisation à pleine capacité.

Bien que cela apporte un certain soulagement à court terme, l’utilisation de la climatisation est une solution inefficace pour une planète de plus en plus chaude. L’utilisation accrue de ces appareils et d’autres systèmes de réfrigération entraîne d’énormes dépenses d’énergie qui, à leur tour, sont associées au changement climatique et à l’augmentation de la température de la terre.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) montre en exemple le cas de Medellín pour souligner que la situation ne doit pas nécessairement être ainsi. La deuxième plus grande ville du pays a adopté des stratégies inspirées de la nature pour réguler les températures estivales élevées.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UCN), les « solutions naturelles sont des actions qui protègent, gèrent durablement et restaurent les écosystèmes naturels ou modifiés, en relevant les défis sociaux d’une manière efficace et adaptable, tout en assurant le bien-être humain et les avantages pour la biodiversité ».

Medellín, comme d’autres villes, est confrontée à la hausse des températures et à l’impact des îlots de chaleur urbains. Comme le souligne le PNUE, le béton et l’asphalte absorbent l’énergie du soleil, rayonnant de la chaleur et gardant la ville très chaude, même après le coucher du soleil.

Pour faire face au réchauffement, les autorités municipales colombiennes ont transformé 18 rues et 12 cours d’eau en refuges verts.

Des couloirs verts récompensés

Le projet de « corridors verts » ou de « couloirs verts », a favorisé le boisement de ces routes, ce qui a réduit l’accumulation de chaleur dans les infrastructures urbaines.

L’initiative a remporté le prix Ashden Nature-Based Refrigeration Award cette année, qui est soutenue par le Programme d’efficacité de la réfrigération de Kigali, en partenariat avec l’initiative Énergie durable pour tous.

Selon le maire, Federico Gutiérrez, lorsque la décision de planter 30 corridors a été prise, il a été décidé de se concentrer sur les zones qui n’avaient plus d’espaces verts. L’édile municipal dit qu’avec cette intervention, il a été possible de réduire la température de plus de 2°C et les citoyens sont déjà conscients de cette différence.

Le PNUE souligne que les parcs urbains peuvent réduire la température ambiante pendant la journée d’environ 1°C en moyenne. Photo : FAO/Rudolf Hahn

Le PNUE souligne que les parcs urbains peuvent réduire la température ambiante pendant la journée d’environ 1°C en moyenne.

Juan Bello, directeur du Bureau des Nations Unies pour l’environnement en Colombie, a déclaré : « Le projet des corridors verts est un excellent exemple de la façon dont la société civile, les urbanistes et le gouvernement peuvent compter sur la nature pour développer un projet urbain intelligent ». Il ajoute que « la surveillance sera maintenant essentielle pour démontrer davantage les multiples avantages de cette approche au fil du temps ».

Le PNUE souligne que les parcs urbains peuvent réduire la température ambiante pendant la journée d’environ 1°C en moyenne. En Italie, la ville de Milan, qui a subi des coupures de courant en raison de la demande de climatisation pendant la canicule estivale, prévoit de planter 3 millions d’arbres d’ici 2050.

L’objectif est de lutter contre les îlots de chaleur et d’améliorer la qualité de l’air.

Toits verts

L’agence des Nations Unies cite encore une autre solution, celle des toits verts. Les données indiquent que dans des villes comme Athènes, elles peuvent réduire la demande de refroidissement artificiel dans les bâtiments jusqu’à 66 %.

Selon Martina Otto, chef de l’Unité Villes pour l’environnement de l’ONU, « Medellín et beaucoup d’autres villes montrent comment nous pouvons atténuer et nous adapter au changement climatique grâce à des solutions renouvelables ». Elle estime que « si le monde s’engage à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, les villes devront travailler dur pour mettre en œuvre ces solutions ».

On estime que les émissions de gaz à effet de serre générées par le secteur de la réfrigération augmenteront de 90 % d’ici 2050, par rapport aux données de 2017. Dans une trentaine d’années, le refroidissement de l’environnement consommera la même quantité d’électricité que celle actuellement consommée par tous les secteurs et activités humaines en Chine et en Inde.

Dan Hamza-Goodacre, Directeur exécutif du Programme d’efficacité de la réfrigération de Kigali, prévient que « à mesure que les températures mondiales augmentent, la difficulté de garder les environnements frais devient un problème de santé urgent, les villes étant particulièrement à risque ».

Hamza-Goodacre affirme que « la planification urbaine intelligente peut jouer un rôle crucial en fournissant des solutions de refroidissement, comme des toits verts et des corridors verts ou des normes de conception des bâtiments plus élevées, qui améliorent l’efficacité et le refroidissement passif ».

Les solutions

Les solutions fondées sur la nature font partie des approches promues par le Programme d’efficacité de la réfrigération de Kigali, qui rassemble les gouvernements, les entreprises, la société civile et les organisations internationales, telles que le PNUE.

La coalition veut que les gens évitent ce qu’on appelle le « refroidissement actif », lorsqu’il est nécessaire de recourir à des techniques et dispositifs non durables pour réduire la chaleur. Pour cela, le réseau d’institutions mise sur la construction civile intelligente et l’urbanisme.

L’un des objectifs du programme est de promouvoir les services de refroidissement basés sur l’énergie renouvelable.

L’association des organisations fait également pression sur les acteurs concernés pour accroître l’efficacité du refroidissement conventionnel, sur la base de l’amendement de Kigali. L’accord international vise à lutter contre l’impact de l’industrie du froid sur le réchauffement climatique.

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