Le gouvernement éthiopien débloque 264 blogs et sites internet

Reporters sans frontières (RSF) salue une mesure favorable à la liberté d’information et encourage le nouveau Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à aller plus loin en réformant en profondeur les lois les plus répressives à l’égard de la presse.

Un simple tweet du chef du cabinet du Premier ministre et 264 sites et blogs ont été débloqués en Ethiopie. “La libre circulation de l’information est essentielle pour des citoyens engagés et responsables” a reconnu Fitsum Arega sur les réseaux sociaux.

Ainsi, la chaîne télévisée Oromo Media Network a été rétablie, de même que la chaîne Ethiopian Satellite Television (ESAT) dont le signal a été brouillé 28 fois depuis sa création en 2010. Des sites en ligne de l’opposition tels que Zehabesha.com ont également été rétablis. En annonçant cette décision vendredi 22 mai, le collaborateur du nouveau chef de l’exécutif Abiy Ahmed a confirmé que l’Ethiopie était en train d’adopter une politique plus favorable aux médias.

Après avoir libéré des journalistes et des blogueurs, rétabli l’accès internet et débloqué de nombreux médias en ligne, la nouvelle administration éthiopienne semble résolue à tourner la page des années de répression des professionnels de l’information, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Le Premier ministre éthiopien doit maintenant aller plus loin en réformant profondément le cadre législatif très liberticide à l’égard des journalistes et des médias.”

Le rétablissement de l’accès à internet, notamment en dehors de la capitale, avait fait partie des toutes premières décisions prises par Abiy Ahmed début avril. Plusieurs journalistes et blogueurs ont également été libérés à la faveur d’une amnistie politique en début d’année puis plus récemment en avril. Le nouveau gouvernement éthiopien a également promis de réformer les lois sur la presse ainsi que la loi anti-terroriste de 2009 souvent utilisée pour arrêter et poursuivre des journalistes critiques du pouvoir.

L’Ethiopie occupe la 150ème place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.