OMS : 1,8 milliard d’enfants menacés par l’air qu’ils respirent

© UNICEF/Mungunkhishig Batbaatar
À l’aube, parents et enfants traversent la route pour se rendre à l’école dans le district de Songinokhairkhan, à Oulan-Bator, en Mongolie, où le niveau de pollution atmosphérique est le plus élevé de la ville.

29 octobre 2018

Près de 93% des enfants âgés de moins de 15 ans dans le monde, soit 1,8 milliard d’enfants,  respirent chaque jour un air tellement pollué qu’il menace gravement leur santé et leur développement, selon un nouveau rapport publié lundi à Genève par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« La pollution de l’air est l’une des principales menaces à la santé des enfants, représentant près d’un décès sur 10 chez les enfants de moins de cinq ans », a déploré l’OMS en marge de sa toute première Conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé.

L’OMS attribue cette menace à l’exposition aux particules fines contenus dans l’air ambiant supérieures aux recommandations de l’OMS concernant la qualité de l’air.

Près de 630 millions d’enfants de moins de 5 ans et 1,8 milliard d’enfants de moins de 15 ans sont exposés à ces particules fines.

L’étude estime également qu’en 2016, 600.000 enfants sont morts d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures causées par les effets conjugués de la pollution atmosphérique ambiante et domestique.

Selon l’OMS, la pollution de l’air est l’une des principales menaces à la santé des enfants, représentant près d’un décès sur 10 chez les enfants de moins de cinq ans.

Dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, la pollution de l’air par les ménages due à la cuisson et celle de l’air ambiant (extérieur) sont, ensemble, à l’origine de plus de 50% des d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez les enfants de moins de 5 ans.

Pour l’OMS, 98% des enfants de moins de 5 ans sont exposés à des niveaux de particules fines présentes dans l’air ambiant supérieurs aux recommandations de l’OMS concernant la qualité de l’air.

En comparaison, dans les pays à revenu élevé, 52% des enfants de moins de 5 ans sont exposés à des niveaux supérieurs aux recommandations de l’OMS pour la qualité de l’air.

Pollution atmosphérique au Caire, en Egypte. Photo Banque mondiale/Kim Eun Yeul

« C’est inexcusable que l’air pollué empoisonne la vie de millions d’enfants », selon Dr. Tedros

Plus de 40% de la population mondiale – ce qui comprend un milliard d’enfants âgés de moins de 15 ans – est exposée à des niveaux élevés de pollution de l’air par les ménages, principalement en cuisinant avec des technologies et des combustibles polluants.

Or, selon l’OMS, les enfants, qui ont été exposés à des niveaux élevés de pollution atmosphérique, risquent davantage de souffrir plus tard dans la vie de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires.

« L’air pollué empoisonne la vie de millions d’enfants et ruine leurs vies », a déclaré le Directeur général de l’OMS. « C’est inexcusable. Chaque enfant devrait pouvoir respirer de l’air pur pour pouvoir grandir et s’épanouir pleinement ».

Ce rapport de l’OMS également que lorsque les femmes enceintes sont exposées à un air pollué, elles risquent davantage d’accoucher prématurément et ont de petits enfants de faible poids à la naissance.

La pollution atmosphérique a également un impact sur le développement neurologique et la capacité cognitive infantile et peut déclencher l’asthme et le cancer chez l’enfant.

Selon cette agence onusienne, l’une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution atmosphérique est qu’ils respirent plus rapidement que les adultes et absorbent ainsi plus de polluants.

« Ils vivent également plus près du sol, où certains polluants atteignent des concentrations maximales – à un moment où leur cerveau et leur corps se développent encore », fait remarquer l’OMS.

En outre, les nouveau-nés et les jeunes enfants sont également plus exposés à la pollution atmosphérique dans les foyers qui utilisent régulièrement des combustibles et des technologies polluantes pour la cuisson, le chauffage et l’éclairage.

« La pollution atmosphérique retarde le développement du cerveau de nos enfants et affecte leur santé de plus de manières que nous ne le pensions », a déclaré Dr Maria Neira, Directrice du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé de l’OMS.

Des choix de vie au niveau individuel à la mise en œuvre de politiques visant à réduire la pollution de l’air

Il existe toutefois plusieurs moyens simples pour réduire les émissions de polluants dangereux, selon l’OMS .

L’OMS recommande que les écoles et les terrains de jeux se situent à l’écart des principales sources de pollution atmosphérique, telles que les routes encombrées, les usines et les centrales électriques.

A cet égard, la Directrice du Département Santé publique de l’OMS soutient la mise en œuvre de mesures de protection sanitaire, telles que l’accélération du passage aux combustibles, technologies de cuisson et de chauffage propres, la promotion de l’utilisation de moyens de transport plus propres, d’un plan d’aménagement urbain et la construction de logements à haut rendement énergétique.

« Nous préparons le terrain pour une production d’électricité à faibles émissions, des technologies industrielles plus propres, plus sûres et une meilleure gestion des déchets municipaux », a ajouté Dr Maria Neira.

Parmi les mesures à prendre pour minimiser l’exposition des enfants à l’air pollué, l’OMS recommande que les écoles et les terrains de jeux se situent à l’écart des principales sources de pollution atmosphérique, telles que les routes encombrées, les usines et les centrales électriques.

L’OMS plaide également pour l’élaboration et la mise en œuvre de politiques visant à réduire la pollution de l’air. « Tous les pays devraient s’efforcer de respecter les directives de l’OMS pour la qualité de l’air dans le monde afin d’améliorer la santé et la sécurité des enfants », souligne l’agence onusienne basée à Genève.

Pour y parvenir, les gouvernements devraient adopter des mesures telles que la réduction de la dépendance excessive à l’égard des combustibles fossiles dans l’offre mondiale d’énergie, l’investissement dans l’amélioration de l’efficacité énergétique et la promotion de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables.

Une meilleure gestion des déchets peut réduire la quantité de déchets brûlés au sein des communautés et, partant, réduire la « pollution atmosphérique communautaire ».

L’utilisation exclusive de technologies propres et de combustibles propres pour la cuisine, le chauffage et l’éclairage domestiques peut considérablement améliorer la qualité de l’air à la maison et dans la communauté environnante.