Fodé Kanté, décédé le samedi 29 mars à Paris, en France, des suites d’une maladie, a rejoint sa dernière demeure ce vendredi 4 avril 2025 à Conakry. Magistrat émérite, il a suivi sa formation à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) de Dakar. Son parcours l’a mené à la présidence de la section commerciale du tribunal de première instance (TPI) de Dixinn, avant de rejoindre la Cour commune de justice et d’arbitrage d’Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Nommé à la tête de la Cour des comptes le 17 janvier 2024, il s’était donné pour mission de renforcer la visibilité de cette institution. Avec sa disparition, la Guinée perd un homme de droit engagé, dont l’ambition était de rendre la gestion des finances publiques plus transparente.
Lors de la cérémonie de symposium, le président de la Cour des comptes par intérim, Abdoulaye Yero Bah, a rendu hommage à son prédécesseur : « C’est avec une profonde affliction que nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre un dernier hommage à un grand serviteur de l’État, un homme de rigueur, de loyauté et de vision. Monsieur Fodé Kanté, avant son départ pour la France et avec un sens élevé de la responsabilité, a pris l’ordonnance n° 0/012/PPCCG du 4 mars 2025, me désignant Premier Président par intérim, en ma qualité de président de la Chambre des comptes de l’État. Ce geste de confiance m’honore et m’engage à poursuivre son œuvre avec loyauté jusqu’à la nomination d’un nouveau Premier Président. En ce moment solennel, j’adresse mes condoléances les plus attristées. »
Au nom du ministère de la Justice, des Droits de l’Homme et Garde des Sceaux, Elhadj Yaya Kairaba Kaba a également pris la parole : « C’est avec le cœur chargé d’émotion que je rends un dernier hommage à notre regretté Fodé Kanté, un homme dont la vie a été un engagement constant au service de la justice et de l’État de droit. Un homme d’honneur et de rigueur qui a marqué notre département et qui, j’en suis convaincu, laisse derrière lui une trace indélébile qui lui survivra. Par sa droiture et son sens élevé de la justice, il a marqué les institutions et les consciences. Son passage sur terre ne fut donc pas vain, tant pour le département de la justice que pour l’État tout entier. »
Lors de son discours de circonstance, Mohamed Diawara, président de l’Association des magistrats de Guinée (AMG), a également rendu hommage à l’ancien président de la Cour des comptes : « La perte que nous pleurons aujourd’hui dépasse celle d’un homme. Elle est celle d’un repère, d’un pilier, d’une conscience morale pour notre institution. Monsieur Fodé Kanté incarnait l’exigence dans l’engagement, la rigueur dans la pensée, la probité dans la conduite et la loyauté dans le service public. À la tête de la Cour des comptes, il a élevé cette institution à un niveau d’intégrité et de respect unanimement reconnu. Homme de principes, discret mais déterminé, il a consacré toute sa carrière à faire triompher la vérité en toutes circonstances. Ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés garderont à jamais le souvenir d’un homme intègre, juste et profondément attaché à l’État de droit. En ce jour du symposium organisé en sa mémoire, nous ne disons pas simplement adieu à une carrière. Nous disons merci à une vie de combat au service de la République de Guinée et de l’Afrique. »
Figure discrète mais influente du monde judiciaire guinéen, Fodé Kanté s’en va en laissant derrière lui deux épouses et dix enfants.
Que son âme repose en paix. Amen.