Transition en Guinée/ Oumar Thiam activiste de la société civile guinéenne, adresse une lettre ouverte au président de la transition, le colonel Mamadi DOUMBOUYA

Monsieur le Président au moment où j’écris cette plume je ressens l’inquiétude et l’espoir de cette transition. Cette inquiétude touche l’avenir du peuple de Guinée mais plus particulièrement, Celui de sa jeunesse.

D’une part je ressens un changement positif d’un futur proche qui profiterait aux guinéens. Pour des raisons simples, au moment où vous êtes intervenu pour prendre le destin des guinéens en main les populations dans sa majorité étaient à l’agonie d’une gouvernance indésirable très amertume. La privation totale des droits et libertés des citoyens, la pauvreté accrue, la corruption endémique, les détournements à Ciel ouvert, l’inexistence de l’État presque sur l’ensemble du territoire national… L’intervention du CNRD est à point nommé, pour sauver un peuple et son espace de l’enfer terrestre. Et ceci avec de nouveaux concepts à savoir, la refondation, le redressement de l’État, la réconciliation de tous les guinéens entre autres. La pose des actes dans le sens de la réconciliation nationale, de la justice, la cohésion sociale a suivi.

Alors je me pose ces questions. Cette transition sera-t-elle l’origine du progrès de notre pays ?

-Le colonel Mamady DOUMBOUYA sera-t-il le fils qu’à prédit le feu Président Sékou Touré pour faire sortir la Guinée de cette pauvreté ?

Beaucoup peuvent formuler autrement ces questions en leur manière. Mais pour leur réponse c’est le futur lointain qui nous l’édifiera.

D’autre part je suis inquiet et très inquiet pour non satisfaction de l’objectif de la transition après son délai. Si juridiquement tout coup d’État est condamnable, certains coups d’États selon les circonstances peuvent bénéficier de la légitimité populaire, pour simple raison ils peuvent intervenir au moment où les dirigeants légaux ont dévié véritablement l’aspiration du peuple. C’est le cas de notre pays la Guinée Conakry.

Avec tout ce grand risque que vous avez pris Monsieur le Président de la transition en renversant votre mentor et le garder vigoureusement dans notre pays, sachant bien le réseau international auquel appartient ce même président déchu est un autre très grand risque.

Alors je me pose ces questions suivantes :

-Pourquoi le colonel Mamady DOUMBOUYA prendrait-il ces grands risques si ce n’est changer le changement ?

-N’est-il pas aujourd’hui contraint de poser les jalons d’une véritable démocratie et le progrès pour notre pays ?

-Je ne souhaite pas et si cette transition échoue quel serait l’avenir de notre pays ?

En analysant la situation actuelle, connaissant le guinéen me pousse évidemment à être très inquiet d’une part et se poser ces questions citées plus haut.

D’aucuns diront c’est de l’amateurisme intellectuel parce qu’ils oublient le retard de notre pays les incombe d’une part. Et d’autres comprendront effectivement le Sens de cette plume, parce qu’ils constituent la partie saine du peuple.

Mon colonel ceci c’est bien vous interpeller que vous n’avez pas droit à l’heure. Depuis le 05 Septembre 2021 chacune de vos paroles, chacun de vos actes compte. Ce peuple qui vous applaudit est un peuple de caméléon, il peut changer à tout moment.

Je sais que vous mesurez l’immensité de la charge que vous avez, évitez de tomber dans le charme des bandits à Col blanc.

L’une des grandes erreurs qu’à commise l’ex-président c’est de s’entourer des bourreaux qui font partie d’un système qui a bloqué le développement de notre pays. C’est pourquoi, je vous conjure de mettre vos efforts d’abord pour changer ce système. Certes, c’est difficile mais comme vous avez la volonté vous parviendrez.

Monsieur le Président, l’un des axes pour combattre contre ce mauvais système, vous avez une arme, la justice. Elle est l’élément premier pour rétablir l’ordre, la refondation et le redressement et la réconciliation dont vous parlez souvent.

C’est elle (la justice) qui est le soubassement de toute nation.

Pour lutter contre la corruption, les détournements, l’impunité, la gabegie, le favoritisme, le clientélisme que sais-je encore ? Il faut donc la justice.

Les états généraux de la justice, la réforme du système judiciaire, le recrutement du personnel judiciaire patriote et compétent est une étape obligatoire.

Ainsi le secteur éducatif doit aussi être accompagné, quelqu’un disait le meilleur investissement qu’on puisse faire pour un État c’est Celui axé sur l’éducation.

Monsieur le Président aujourd’hui la plus grande partie de la population est oubliée, c’est la jeunesse.

Les jeunes n’ont pas la chance d’occuper des postes de responsabilité, si ce n’est par favoritisme. Ils disent souvent que nous sommes mal formés, le niveau d’études de notre pays est très limité, nous qui n’avons pas eu la chance de poursuivre nos études à l’étranger avons aucune chance d’avoir des fonctions auxquelles nous pouvons prévaloir nos compétences. Nous devons pourtant valoriser nos écoles et les fruits qui sortent de ces écoles.

C’est pourquoi je plaide pour l’implication de la jeunesse guinéenne dans certains postes de responsabilité, l’une de vos priorités c’est valoriser vos jeunes sans distinction aucune.

Je plaide aussi Monsieur le Président, la libération de des détenus politiques à Conakry ainsi qu’à l’intérieur du pays mais aussi améliorer les conditions de vie de détention des prisonniers.

Monsieur le Président vous avez une chance de sortir par la grande porte.

Laisser une Guinée réconciliée, mettre un nouveau système démocratique et de gouvernance qui permettra à notre pays de sortir de l’ornière, un pays développé où les droits de l’homme sont respectés, une Guinée paisible et émergente. C’est ce rêve que nous voulons monsieur le Président.

Fait à Conakry le 24 Octobre 2021

 

Oumar THIAM vice-président du COJELP-Guinée (Collectif des Jeunes Leaders pour la Paix)

Tel:622154117