Il est désormais évident que le vocable Simandou sonne comme le symbole de l’émergence de la Guinée. C’est pourquoi, le Président de la République, le Général Mamadi DOUMBOUYA, n’a pas attendu la fin de ce méga-projet Simandou pour répondre aux attentes de la population guinéenne sur les trois axes de la refondation. D’abord, social à travers l’amélioration de la pension des retraités, l’assurance maladie, etc., puis économique avec plus de 1000km de routes bitumées, des écoles et hôpitaux, la stabilité des indicateurs macroéconomiques, …) et enfin politique avec la rédaction des textes et lois de bonnes gouvernance, d’une constitution qui ressemble et nous rassemble, …etc.).
Au regard du tollé que crée l’évocation simple du mot Simandou, il est plus qu’important de lever les doutes chez certains sceptiques qui ne perçoivent dans le Programme Simandou 2040 qu’une simple opération de communication et qui font l’amalgame entre le projet Simandou et le Programme Simandou 2040.
La différence entre le projet Simandou et le Programme Simandou 2040
Il est essentiel de distinguer le projet Simandou, porté par Rio Tinto et Winning Consortium, qui représente un investissement colossal de 20 milliards de dollars pour l’exploitation du plus grand projet mondial intégré d’extraction de minerai de fer de haute teneur et la mise en place des infrastructures connexes (chemin de fer de 600km et port minéralier en eau profonde), du Programme Simandou 2040, qui est une stratégie nationale de transformation économique.
Les études de faisabilité du projet minier ont mis en évidence des retombées économiques et sociales considérables, notamment une contribution significative au PIB national et le développement du corridor d’influence économique autour des infrastructures.
Cependant, comme l’enseigne la théorie économique, lorsqu’une nation dépend excessivement des revenus miniers, elle s’expose au syndrome hollandais, qui se traduit par une inflation incontrôlée et une volatilité du taux de change, annulant ainsi les bénéfices de l’exportation minière. Des indicateurs préliminaires confirment d’ailleurs cette tendance, appelant à une gestion prudente et proactive.
Face à ces défis, le gouvernement Guinéen a pris trois décisions stratégiques majeures :
1-L’élaboration du Programme Simandou 2040 pour une transformation socio-économique responsable et durable
Le Programme Simandou 2040 a été initié pour garantir que les retombées économiques du projet minier irriguent l’ensemble de l’économie nationale au lieu de se limiter à un corridor géographique restreint. Il repose sur cinq piliers structurants :
➢ Agriculture, Industrie Alimentaire et Commerce
➢ Education et Culture
➢ Infrastructures, Transports et Technologies
➢ Economie, Finance et Assurance
➢ Santé et bien-être
Son élaboration est pilotée par le Ministère du Plan et de la Coopération internationale avec l’appui technique du cabinet KPMG, le tout sous la coordination du Comité stratégique Simandou de la Présidence de la République. Tous les Bureaux de Stratégie et de Développement des différents départements ministériels, le secteur privé ainsi que la société civile sont impliqués depuis le début. A ce jour, le processus est au niveau de l’identifier des projets bancables capables de structurer durablement l’économie guinéenne. Les diagnostics sectoriels approfondis et une priorisation des secteurs ont été récemment bouclés. Les plans stratégiques sectoriels, les plans de déploiement et les mécanismes de gouvernance sont en phase de finalisation. Ces documents détaillés seront prêts pour présentation au grand public courant deuxième trimestre 2025.
2-La création d’un Fonds Souverain pour une gestion responsable des revenus miniers
Afin d’éviter que la manne financière générée par l’exploitation de Simandou ne soit absorbée directement dans le budget national, ce qui pourrait engendrer des dépenses procycliques et exposer le pays à de sévères ajustements en cas de fluctuations du marché des matières premières, un Fonds Souverain est en cours de structuration en partenariat avec SouthBridge.
Ce fonds vise à :
•Garantir une gestion durable et optimale des ressources issues du projet Simandou et d’autres secteurs stratégiques
•Diversifier le financement de l’économie
•Stimuler l’investissement productif
•Faciliter le financement de projets complexes, notamment les PPP
•Renforcer l’architecture financière et économique de la Guinée
3-L’obtention d’une notation de crédit pour renforcer l’accès aux marchés financiers internationaux
Enfin, la Guinée s’engage dans un processus de notation souveraine, mené en collaboration avec Rothschild & Co. Cette initiative permettra au pays de se doter d’une signature financière crédible, facilitant son accès aux marchés des capitaux internationaux et diversifiant ses sources de financement à des conditions plus avantageuses.
Ces éléments démontrent que le Programme Simandou 2040 n’est ni une illusion ni une simple déclaration d’intention : il s’agit d’une stratégie méthodique et rigoureuse, appuyée par des expertises de renommée internationale, visant à faire de Simandou un véritable levier de transformation structurelle pour la Guinée. Les étapes en cours témoignent de notre engagement à doter la Guinée d’un plan de développement solide, réaliste et fondé sur des analyses précises et des projections fiables.
Il est donc essentiel d’aborder ce débat avec rigueur et responsabilité, en tenant compte des avancées concrètes réalisées et de la vision de long terme qui guide cette initiative.
Nous invitons donc l’ensemble des parties prenantes et des citoyens à faire preuve de patience et à s’abstenir de jugements hâtifs. Le Programme Simandou 2040 est en bonne voie, et nous restons déterminés à le mener à terme pour le bénéfice de toute la nation guinéenne. Nous restons ouverts au dialogue constructif et encourageons toutes les contributions visant à enrichir ce projet ambitieux pour l’avenir de notre pays.
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