A un sommet de la CARICOM, Guterres plaide pour la justice financière et climatique

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UN Photo/Eskinder Debebe
Le Secrétaire général António Guterres (à gauche) est accueilli par le Premier ministre Keith Rowley de Trinité-et-Tobago avant de s’adresser à un sommet des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).
Lors d’un sommet des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) à Trinité-et-Tobago, lundi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a plaidé pour la justice financière et climatique, dans une région particulièrement affectée par le changement climatique.

Avant de participer à ce sommet, le chef de l’ONU a effectué samedi une visite en Haïti, confronté à un cycle de crises sécuritaires, politiques et humanitaires.

« La situation sécuritaire est épouvantable, les besoins humanitaires explosent et aucune solution politique n’est en vue. Mais je suis venu avec espoir et optimisme. Il est impossible de regarder la crise sans voir l’ombre portée de siècles d’exploitation coloniale, d’extorsion, de dictature et d’autres injustices criantes. Nous devons aider à soulager les souffrances du peuple haïtien », a déclaré lundi M. Guterres devant les participants du sommet.

Il a salué les efforts des dirigeants de la CARICOM pour offrir leur bons offices et il a affirmé qu’il continuerait à faire pression pour une force internationale de sécurité robuste, autorisée par le Conseil de sécurité, afin d’être en mesure d’aider la Police nationale haïtienne à vaincre et démanteler les gangs.

Il a réitéré son appel à tous les partenaires « pour qu’ils augmentent leur soutien à la police nationale (d’Haïti) sous forme de financement, de formation et d’équipement ». « Soyons clairs : il ne peut y avoir de sécurité durable sans institutions démocratiques renforcées – et il ne peut y avoir d’institutions démocratiques fortes sans une amélioration drastique de la situation sécuritaire », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général António Guterres (au centre) visite le Asa Wright Nature Center, une station de recherche scientifique sur la biodiversité dans la vallée d'Arima à Trinité-et-Tobago.
UN Photo/Eskinder Debebe
Le Secrétaire général António Guterres (au centre) visite le Asa Wright Nature Center, une station de recherche scientifique sur la biodiversité dans la vallée d’Arima à Trinité-et-Tobago.

Enormes défis

Selon le Secrétaire général, le 50e anniversaire de la CARICOM est l’occasion « d’une réflexion critique sur les énormes défis auxquels sont confrontées les Caraïbes ».

« La COVID-19 a détruit des vies et des moyens de subsistance. Les recettes du tourisme et des exportations se sont temporairement effondrées. Les prix du carburant et de la nourriture ont grimpé en flèche. Le fardeau de la dette s’est alourdi, les liquidités se sont taries et l’accès aux marchés mondiaux des capitaux s’est considérablement détérioré », a-t-il souligné. « Pendant ce temps, l’urgence climatique continue de s’aggraver, menaçant l’existence même des petits États insulaires et côtiers de faible altitude ».

Finance et climat

Selon lui, une action est nécessaire sur le front de la finance et celui du changement climatique.

Alors que « la crise actuelle a révélé un système financier international obsolète, dysfonctionnel et injuste », le chef de l’ONU a rappelé que dans le cadre des préparatifs pour le Sommet du futur, il a proposé un plan détaillé pour une architecture financière mondiale repensée, y compris le système de Bretton Woods, tout en prévenant que le changement ne se ferait pas du jour au lendemain.

Selon lui, les dirigeants des Caraïbes ont montré la voie à suivre – y compris la Première ministre de La Barbade Mia Mottley par le biais de l’Initiative Bridgetown et le Premier ministre de la Jamaïque Andrew Holness par le biais de l’initiative Financement pour le développement.

Le chef de l’ONU a rappelé qu’il a proposé un ensemble d’actions qui incluent :

  • Un plan de relance des objectifs de développement durable pour des investissements, notamment dans le développement durable et l’action climatique.
  • Un mécanisme d’allégement de la dette renforcé et efficace.
  • De nouveaux outils financiers, tels que les swaps qui convertissent les dettes en investissements dans l’adaptation au climat.
  • Une augmentation de la base de capital des banques multilatérales de développement et un changement de leur modèle d’affaires avec une nouvelle approche du risque pour mobiliser davantage de financements privés.
  • La réorientation des droits de tirage spéciaux.
  • Un changement dans les subventions, s’éloignant des combustibles fossiles et des systèmes agricoles et alimentaires non durables.
  • Et la correction d’une « injustice fondamentale » à laquelle sont confrontés les pays à revenu intermédiaire : le manque d’accès au financement concessionnel en raison de paramètres d’allocation qui ignorent les vulnérabilités aux chocs tels que les crises financières ou les catastrophes liées au climat.

Il a dit soutenir pleinement l’appel de la CARICOM en faveur d’un indice de vulnérabilité multidimensionnel.

Une tortue nage dans l'océan en Martinique, dans les Caraïbes.
Coral Reef Image Bank/Michele Roux
Une tortue nage dans l’océan en Martinique, dans les Caraïbes.

Pacte de solidarité climatique

S’agissant de la crise climatique, le Secrétaire général a estimé que limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius est encore possible si l’on réduit les émissions de carbone de 45% d’ici 2030.

Il a rappelé que c’est la raison pour laquelle il a proposé un Pacte de solidarité climatique – dans lequel tous les grands émetteurs font des efforts supplémentaires pour réduire leurs émissions ; et les pays plus riches aident les économies émergentes à le faire.

« Et c’est pourquoi j’ai proposé un programme d’accélération pour stimuler ces efforts », a-t-il souligné, exhortant les gouvernements à avancer rapidement sur leurs échéances nettes zéro afin que les pays développés s’engagent à atteindre le net zéro aussi près que possible de 2040 et les économies émergentes aussi près que possible de 2050.

« Les pays développés doivent également enfin tenir leurs engagements financiers envers les pays en développement, notamment en atteignant l’objectif de 100 milliards de dollars, en doublant le financement de l’adaptation, en reconstituant le Fonds vert pour le climat et en opérationnalisant le fonds pour les pertes et dommages cette année », a-t-il dit.

Le chef de l’ONU a remercié les dirigeants des Caraïbes pour leurs « puissants appels à la justice climatique, à la promotion de l’action mondiale contre les pertes et les dommages, à l’investissement dans les énergies renouvelables et à la sauvegarde de la biodiversité, notamment grâce aux efforts des communautés autochtones ».

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