Conférence sur la région du lac Tchad : l’ONU appelle à construire une résilience durable

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© UNOCHA/Naomi Frerotte
La région du lac Tchad est durement affectée par les conflits et les crises.

La troisième conférence de haut niveau sur la région du lac Tchad réunit pendant deux jours les gouvernements de la région – Niger, Nigéria, Tchad et Cameroun – ainsi que des donateurs et partenaires internationaux, des organisations multilatérales et internationales.

S’exprimant lors de l’ouverture, la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, Joyce Msuya, a appelé à la coordination des efforts humanitaires, de développement, de paix et de stabilisation.

« Une action humanitaire immédiate est nécessaire pour sauver des vies et soulager les souffrances, mais l’action humanitaire ne suffira pas à mettre fin à la misère », a déclaré Mme Msuya. « Si nous ne nous attaquons pas aux causes profondes de la crise, les blessures de la région ne guériront pas ».

Joyce Msuya, Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires et Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
ONU/Arnold Kayanda
Joyce Msuya, Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires et Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Aggravation de la crise

Depuis la dernière conférence tenue à Berlin en 2018, la crise dans le bassin du lac Tchad s’est aggravée, avec une augmentation de la violence, des déficits de développement, des besoins humanitaires et des obstacles à l’accès aux services sociaux de base, aux systèmes de production et au soutien humanitaire.

En conséquence, 5,3 millions de personnes restent déplacées dans la région. Les conséquences combinées de l’instabilité croissante, des effets à long terme de la pandémie de COVID-19, de l’impact du changement climatique et des chocs économiques ont exacerbé la situation humanitaire.

Selon la haute responsable des Nations Unies, les efforts humanitaires, de développement, de paix et de stabilisation doivent être mieux intégrés si l’on veut apporter la paix dans la région d’une manière qui permette aux gens de prospérer.

« Pour ce faire, nous devrons travailler très différemment. Nous devrons travailler directement avec les communautés. Nous devrons mobiliser les institutions financières internationales et le secteur privé, et vraiment mettre les priorités des personnes touchées par la crise au cœur de tout ce que nous faisons », a-t-elle dit.

Les attaques de groupes armé ont déplacé des millions de personnes dans les pays du bassin du lac Tchad.
OCHA/Ivo Brandau
Les attaques de groupes armé ont déplacé des millions de personnes dans les pays du bassin du lac Tchad.

Besoin d’un financement flexible et pluriannuel

C’est pourquoi, selon elle, la Stratégie régionale pour la stabilisation, la reprise et la résilience est si importante. « Pour que cette stratégie réussisse, les voix des plus vulnérables – les femmes et les jeunes qui ont supporté un coût aussi terrible – devront être entendues et leurs dirigeants responsabilisés », a-t-elle dit.

« Les millions de personnes déplacées par la crise auront besoin de plus que de sécurité alimentaire et de protection. Elles auront besoin d’éducation, de formation, d’accès à la santé et d’emplois. Elles devront jouir des mêmes droits, des mêmes opportunités que les personnes dont elles rejoignent les communautés », a-t-elle ajouté. « Et la région devra trouver une approche commune pour réintégrer et réconcilier les anciens membres des groupes armés afin que le cycle de la violence puisse se terminer et que le traumatisme intergénérationnel qu’il a causé puisse commencer à guérir ».

Mme Msuya a toutefois prévenu que cette stratégie échouera si elle n’est pas correctement financée. Elle a donc appelé la communauté internationale à soutenir les efforts de la région pour mettre fin à la crise avec un financement flexible et pluriannuel.

Selon la Sous-Secrétaire générale, un engagement profond et à long terme est nécessaire pour renforcer la résilience durable aux chocs à venir et aux changements dramatiques qui causent déjà tant de misère. Cela signifie investir dans une région dont le destin affecte l’ensemble du Sahel, dont l’avenir a de profondes implications pour la paix et la sécurité en Afrique et au-delà.

« Notre engagement doit se mesurer en décennies, et non en années », a-t-elle affirmé.

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